Ateliers et stages

La chaise de Vangog

Alcyon est un lieu d'apprentissage du théâtre, ouvert à tous, « sans frontière », encadré par des professionnels. Approfondir les pratiques de l’acteur, découvrir des auteurs, des formes artistiques, mettre en avant l’imagination, la sensibilité, voilà notre ambition. Que ce soit pour certains une découverte, pour d’autres une expérience de plus, il est important de considérer ce travail comme ayant une réelle dimension artistique. Il s’agit d’aller au-delà de ce que l’on se croyait capable.

Les activités de formation du Théâtre Alcyon sont organisées par stages pratiques (mise en scène, scénographie, jeu de l’acteur...), soirées thématiques au printemps (les mardis de Chaudanne) et dans des ateliers avec chaque année la réalisation d’un spectacle (Ateliers 1 et 2).

Atelier 1 :

Travail aboutissant à une production de spectacle. Lectures, improvisations, esquisses sur une période d'environ six mois. Réalisation généralement présentée une quinzaine de fois en juin et en septembre. Les lundis de 20 h à 23 h et six week-ends sur l’année. 

Atelier 2 :

Atelier de recherche et d’approfondissement. L’acteur, la mise en scène, la scénographie. Travaux qui peuvent alimenter des productions professionnelles. Les mercredis de 18 h à 20 h 30. 

Stages pratiques : 

Jeu d’acteur :

L'apprentissage du théâtre s'appuie sur des actions physiques, la concentration des énergies, le développement des états d'âme. Le texte trouve ainsi toute son importance à travers la mise en jeu, le mouvement, les énergies de l'acteur. 

Scénographie :

Esquisses et projets. Réflexions sur les techniques de la scène, sur l’architecture et l'histoire du théâtre, sur la symbolique des espaces, la dramaturgie, l'esthétique. 

Mise en scène :

Une mise en scène est faite d’hésitation, de repentir, d’aller et retour entre réflexion et pratique. C’est le fruit d’un processus lent, qui d’un jour à l’autre se fait ou se défait. Il ne s’agit donc pas ici de proposer une manière de faire, mais de donner des outils susceptibles d’alimenter la réflexion et la pratique d’un métier que chacun façonne pour lui-même.

lundi 20 juin 2016

Les Géants de la Montagne

2016. Luigi Pirandello.



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Une histoire qui nous parle…

Une troupe de comédiens errants, à la recherche d’un théâtre où ils pourraient donner des représentations d’une pièce à laquelle ils tiennent particulièrement, arrive dans une villa occupée par un magicien et toute une population de marginaux excentriques... Dans cet endroit magique fait de songes, Cotrone laisse libre cours à son imagination. Là-haut, dans la montagne, vivent les Géants...

La répétition.

Avec cette ultime œuvre de Pirandello nous jouons à nous faire peur, comme le feraient des enfants. Si nous nous livrons au cauchemar, à la divagation, nous n’en perdons pas pour autant la raison. C’est le merveilleux du théâtre que de pouvoir faire les fous sans l’être. Dans les propos du magicien Cotrone, il y a la révélation d’un secret. Un secret à dévoiler. On dit que Les Géants représentent pour Pirandello les forces obscures du fascisme des années 30. Sans doute. Mais au regard de ce que nous vivons aujourd’hui, nous y voyons d’autres choses encore. Faisons l’expérience d’une pensée vagabonde. On est au théâtre. On joue. C’est une répétition !

- Vous entendez ?
- Les rois du monde !
- Ils viennent pour la cérémonie. Allons voir !
- Non ! Personne ne bouge. Restons ici pour la répétition.


Une expérience.

Dans le cadre de ses ateliers de formation, le théâtre Alcyon présente chaque année un spectacle. Celui-ci n’a pas pour but une diffusion élargie mais a l’ambition d’une expérience. Cette année le hasard nous a mis en présence de Pirandello. « Les Géants de la montagne » présenté par Stéphane Braunschweig au Théâtre de la Colline à Paris et au CDN de Besançon, nous a fait relire cette œuvre étrange, inachevée…
Nous avons un goût pour l’étrangeté, l’inachevé.

Le désir de beauté.

Bien des thèmes dans « les Géants » nous sont proches :
- L’idéal artistique confronté aux brutalités d’une société.
- Le rêve et la réalité, la scène et l’obscène.
- L’errance, l’exil d’une Compagnie de Théâtre hors des schémas de production habituels.
- La société du mépris, mépris des forts face aux faibles, des faibles face aux forts… !
- La fragilité émouvante d’une actrice qui donne sa vie à la poésie, aux poètes, à la beauté. Nous avons pensé au film « Marguerite » de Giannoli avec Catherine Frot. La beauté, la vraie, est entièrement dans le désir de beauté.

Pirandello le sicilien.

...Et la hantise d’être « un enfant échangé ».

Affiche : Jung Yoon Lee

mercredi 17 juin 2015

Archimède et Le Cave

2015. Audiard.

Archimède :


Le Cave se rebiffe :



Le Cave se rebiffe

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Archimède

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Vous avez dit Audiard !

Le mot, la phrase, Audiard ne semble pas aller beaucoup plus loin. Ce dialoguiste réactionnaire n’a pas le souci des grandes idées. La métaphysique il s’en fout. Ce qui compte pour lui ce n’est pas le contenu, mais le jeu. Le plaisir du jeu. Audiard est un joueur. Il est malin comme un enfant. Il arrive à nous faire croire à la spontanéité des comédiens « de sa bande ». Il a raison de dire de lui-même qu’il est très mauvais metteur en scène. Pour les dialogues, si on lui donne un bon cachet, il a du génie, il décoiffe, il inspire… ! Sa science a quelque chose à voir avec celle de Jarry. Il excelle dans la Pataphysique langagière. Tout cela donne du plaisir et c’est de ce plaisir dont nous éprouvons le besoin : sortir des « nouvelles vagues », des nouveaux communicants, de la nouvelle philosophie, des concepts définitifs, prendre le risque du populaire pour ne pas se laisser bouffer par le populisme et les tristes jérémiades…

J’en suis encore à attendre la venue d’un philosophe-médecin qui aura le courage de dire que toute activité philosophique n’est absolument pas de trouver la « vérité », mais quelque chose de tout autre, disons de santé, d’avenir, de vie…

Nietzsche. Le gai savoir


Alcyon et « Le gai théâtre »

Comme Nietzche et son « gai savoir », nous voudrions un « gai théâtre », qui serait aussi un gai savoir… Apprendre sans cesse c’est rester joyeusement libre de ses choix, de ses pensées. Ne rien exclure sinon la bêtise du temps. Comment peut-on s’ennuyer ? La vie est si inimaginable, si étonnante, si…  Nous n’arrivons pas à désespérer. Associons aux terribles passions humaines le pouvoir magique de la bouffonnerie.

mardi 17 juin 2014

L’Odyssée

2014. Homère.

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L’Odyssée d’Homère est un projet ambitieux par son ampleur. Il demande un travail d’adaptation du texte ancien en une forme de théâtre contemporain. Ce projet nécessitera un travail important d’écriture, mais aussi de fabrication de costumes, de construction de décors et de scénographie. Il est envisagé un décor où se construit dans une première partie un grand bateau en bois, avec des poulies, voiles… un bateau au prise avec les éléments, le vent, la mer. Dans une deuxième partie du spectacle, lorsqu’Ulysse arrive à Ithaque, le décor se transforme en rocher…. Cette création, mêle ce qui est de l’ordre de l’expérience humaine avec la mythologie. Elle nécessitera un travail important sur les sons, la musique et les rythmes. La musique, les bruits, les chants, vont permettre de rendre la dimension fantastique de l’épopée.

Ne m'en veux pas Ulysse de ne pas t'avoir tout de suite ouvert les bras ! Nos malheurs nous viennent des dieux. Ils nous ont refusé de vivre ensemble le bel âge et de parvenir côte à côte à la vieillesse…

Pénélope

Le monde de L'Odyssée

est un univers de petites gens, paysans et marins, pour qui le premier souci est de se remplir le ventre. Ulysse lui-même est un roi-paysan dont la fierté est de tracer plus droit qu'un autre son sillon. Sa demeure est une grande maison, avec un tas de fumier devant la porte. Éparpillés sur des îles nombreuses les Achéens empruntent leurs bateaux pour se rendre d'un point à un autre de la côte. Longs et effilés, ces « bateaux noirs » tiennent mal la mer et il faut les tirer sur la plage quand on accoste. La circulation entre les îles exige que l’on porte secours aux voyageurs quand ils sont en détresse. Dans ce monde brutal, l'hospitalité est la seule garantie qu'un naufragé puisse obtenir. Dans l'Odyssée, les femmes jouent un rôle déterminant. Ce sont des déesses qui reçoivent Ulysse ; mais c'est aussi Nausicaa, la fille d’Alcinoos, qui accueille le naufragé chez les Phéaciens, et c'est sa mère, Arété, qui régit tout dans la maison. C'est Pénélope, enfin, qui tient tête aux prétendants et parvient à retarder le mariage grâce à de multiples ruses. Les fanfaronnades de vétérans de la guerre de Troie nous font pénétrer dans l'atmosphère héroïque des combats devant la cité de Priam. Mais ce sont surtout les récits d’Ulysse qui nous conduisent dans un univers merveilleux où les déesses tombent amoureuses des héros, où les magiciennes changent les hommes en bêtes, où l'on enferme les vents dans une outre, où les mortels peuvent descendre tout vifs aux Enfers...

Que dit l'Odyssée ? Que disent les grandes épopées mythologiques ?

Elles disent le prix de la vie. Elles donnent à la vie une échelle...donc un sens. Les héros anciens sont ici. Ils sont inscrits en nous, incrustés dans nos corps, dans nos cerveaux. L'acte héroïque est de tous les temps, partout. Il est là, à l'usine, à l'école, à l'hôpital, dans le maquis des guerres... Il n'appartient pas aux figures stéréotypées d'un passé lointain. Il se cache chez le plus humble, dans le quotidien de vies secrètes, inconnues, minuscules. Flaubert disait : « Madame Bovary c'est moi ! », comme lui nous disons : « Pénélope, Ulysse, c'est moi, Anticlée, c'est ma mère, Laërte, mon père, Argos, mon chien... ! »


L'aurore aurait paru avant que leurs baisers ne cessent si Athéna aux yeux pers n'avait allongé la nuit, retenu l'aube. Ils retrouvèrent la loi du lit ancien. Lorsqu'ils eurent joui des plaisirs de l'amour, ils s'adonnèrent aux plaisirs de la parole : Pénélope dit ce qu'elle avait subi, la triste compagnie des prétendants, Ulysse raconta ses malheurs, le Cyclope, Charybde et Scylla, sa mère dans la demeure moisie d'Hadès, Calypso, Circé…

Le chœur

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samedi 6 juillet 2013

Merci Monsieur Hitchcock

2013. Deux films de Hitchcock adaptés au théâtre :

Mais qui a tué Harry ?

La Corde


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Retour au théâtre.

Depuis quelques années nous "nous amusons" à penser le théâtre, à le créer, à partir de films marquants du XXe siècle. En 2010 nous avons présenté une adaptation de "La Chevauchée Fantastique" de John Ford. La nécessaire traduction de l'image cinématographique en langage théâtral est un exercice passionnant de transpositions, de jeu avec les conventions. L'association de formes à priori "inadéquates" devient sujet de constructions ironiques, de plaisirs intempestifs. L'imagination s'en trouve décuplée, sublimée.

lundi 1 août 2011

La Chevauchée Fantastique

2012. Le film de John Ford adapté au théâtre.


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Une recherche théâtrale sur le western paraît une véritable gageure. L’univers du western n’est-il pas extrêmement physique, fait de mouvement, de déplacements dans de grands espaces, de poursuites frénétiques, de symbiose entre l’homme et le cheval ?

Le pari que nous faisons est fondé sur l’extraordinaire intelligence du théâtre à saisir le monde selon toute une gamme possible de "transpositions". L’essentiel du western n’est pas ici dans le décor, les vastes paysages, le ranch et son corral, la grand’rue ou le saloon, mais dans leur évocation signifiante et poétique. Le scénario de La Chevauchée Fantastique de John Ford est pour nous une "conduite". Elle nous a aidés à passer du cinéma au théâtre, d'une écriture à l'autre.

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...Et rappelle-toi ceci : une bonne affaire pour la banque est une bonne affaire pour le pays. L'argent fait marcher le monde, mon ami. Un homme d'affaires ne peut gagner d'argent que s'il y en a beaucoup en circulation. Nous sommes séparés du monde dans cette ville perdue. Là où on peut faire de l'argent, c'est dans l'Est, dans les grandes villes. Ce qui est heureux pour la banque est heureux pour le pays.

GATEWOOD, Extrait de La Chevauchée Fantastique.

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